jeudi 12 décembre 2013

JOYEUX ANNIVERSAIRE, PETITE MAMAN CHÉRIE !



Aujourd'hui, le 12 décembre, nous souhaitons un très JOYEUX ANNIVERSAIRE à Marcelle-Sophie Mathieu, petite maman chérie de Mireille Mathieu qui a offert à se monde quatorze enfants merveilleux, dont Mireille est l’aînée.

C`est Marcelle, cette petite femme fragile qui a su avoir le courage pour affronter les difficultés de la vie tout en gardant son sourire et sa bonne humeur ; c`est elle qui a été exemple pour ses enfants, enfin, c`est elle qui accompagne Mireille lors de ses tournées à l`étranger.
Une femme extraordinaire !

Pour son anniversaire nous vous proposons un petit extrait du livre de Mireille Mathieu « Oui, je crois » (ndr qui est à ce jours la seule autobiographie officielle de Mireille).



***



«Elle, Marcelle-Sophie, elle n’avait pas un vrai foyer. Le père l’adorait, la mère aussi sans doute, mais à sa façon ; travaillant dans un café, elle avait sa vie. Alors la petite Marcelle (toute petite, comme moi) a été élevée par sa grand- mère et sa grande sœur à Dunkerque. Elle était née juste à côté, â Rosendael, ce qui veut dire en flamand la « vallée des roses ». La guerre en a fait une vallée d’enfer...

Mais, juste avant ça, Marcelle a subi une épreuve terrible pour une petite fille de quatorze ans. Sa sœur est tombée tuberculeuse. Elle l’a soignée tant qu’elle a pu. A l’époque, en 1936, les antibiotiques n’existaient pas encore et on soignait, on tentait de soigner avec des pneumothorax. Puis on ramena la malade à la maison. La petite Marcelle allait chercher les grands ballons d’oxygène... On la montrait du doigt, on murmurait : « C’est pour sa sœur, la tuberculeuse »
Comme on craignait follement la contagion, ses copines s’écartèrent d’elle. Ça lui était égal. Elle vivait cloîtrée dans l’espoir d’une guérison.
Elle était comme quelqu'un qui veut sauver un noyé et nage, nage, en lui maintenant la tête hors de l’eau, et en arrivant au rivage s’aperçoit que... Malgré l’oxygène, ce fut la fin, et la pauvre expira dans les bras de la petite Marcelle, qui resta seule avec la vieille grand-mère.
Quand maman me racontait ainsi sa jeunesse, je me disais que la mienne était de l’or à côté de la sienne, même si souvent on avait froid ou faim, on se tenait chaud au cœur tous ensemble. Pour elle, quelle solitude...
Et il y a eu la guerre. La grand-mère, qui était née en 1848, disait :
« Oh ! moi, j’en ai déjà connu deux ! »
Mais elle ne pouvait pas imaginer ce qui allait arriver à Dunkerque. Marcelle fut engagée pour confectionner des bâches de wagon. Ça l’amusait plutôt. Elle aimait travailler, se faire des copines. Elle trouvait ça drôle de coudre avec une grosse pommelle, une énorme aiguille, et le tout appuyé sur une brique !
Ce 27 mai 1940, les Allemands pilonnaient la ville pour empêcher les alliés de rembarquer... L’horreur. Tout était en feu. La petite Marcelle et sa grand-mère
coururent se réfugier dans la cave. La grand-mère ne vit pas dans la nuit un paquet de fils électriques. Elle ne pouvait se relever, empêtrée. La petite criait au secours. Personne n’est venu. Elle la délivra toute seule, mettant toute son énergie à la soulever. Quand elles sont sorties... elles n’avaient plus de maison, plus rien que ce qu’elles portaient sur le dos. Tout n’était que ruines fumantes.

Les bombardements continuant, elles sont passées de cave en cave, où s’entassaient des centaines de personnes. Quand tout fut fini... il fallut aider à retrouver des blessés, déblayer... la petite mit la grand-mère à l’hospice et dut entreprendre toutes les démarches d’une sinistrée totale.
Le 26 septembre 1940, la grand-mère mourut. Elle était tombée dans un escalier, se fracturant le fémur. Elle a toujours dit : « Ma petite Marcelle, quelqu'un m’a poussée...
— Mais non, mais non ! disait le directeur de l’hôpital, elle est tombée toute seule.
Marcelle préféra croire la grand-mère qui était très lucide.
A quatre-vingt-douze ans, son bonheur était encore de réciter l’Histoire de France!
Restée seule au monde, cette fois, la petite Marcelle retourna au café pour retrouver sa mère : elle n y était plus. La patronne avait deux petits enfants dont l’un était bizarre traumatisé par la guerre. Il ne voulait pas voir le jour qui lut blessait les yeux et restait, comme un petit animal malade, obstinément dans l’obscurité d’un placard. La dame proposa à Marcelle de le garder, car elle, avec son café, elle n`en avait pas le temps. La jeune fille s’attacha à ce petit.
Elle le promenait. Elle essayait de l’éveiller à une vie normale. Il apprenait à ne plus avoir peur du jour. Ainsi passèrent les années de guerre. Et nuis il y eut à nouveau les bombardements, ceux de 1944, et la dame dit à Marcelle : « J’ai une cousine en Avignon. Viens avec nous ».
Avec l’argent de son indemnité, Marcelle a payé son voyage. Et voilà la fille du Nord qui n’avait jamais voyage découvrant la Provence, l’accent méridional, la ville des papes et ils se sont installés rue Crémade.
Désormais sa mère qui n’avait plus de café allait s`occuper de son fils. II fallait que Marcelle trouve un autre travail.
Une annonce de la mairie demandait « jeune fille possédant le certificat d’études». Elle troussa sa lettre aussitôt et fut embauchée. Il n’agissait d’établir les cartes de tickets de pain, qui était encore abonné à ce moment. Comme elle était vive, elle devint la championne des tickets de pain ! C’est elle qui établissait le plus de cartes en un temps record. De plus, elle n`en perdait pas un seul et faisait très attention aux resquilleurs.
« Elle est formidable, la petite, disait son chef. Elle vaut son pesant de tickets de pain!»
Ce qui n’était pas très lourd car, sur la balance, Marcelle ne passait pas les trente-huit kilos ! Elle travaillait depuis un an et demi à la mairie quand elle commença à s’ennuyer.
« Je n’ai plus de cartes à faire, je n’ai plus qu`un grand livre où je n’écris plus grand-chose, je m’endors !
Je ne veux pas de ta démission, disait le chef. Tu prends des jours de congé et tu vas te promener. »
Il y en a beaucoup qui auraient sauté sur l’occasion... Pas Marcelle. Elle ne savait pas rester à rien faire. Moi, je peux. Je peux regarder pousser un arbre. J’imagine le chemin de la sève à l’intérieur. Je peux suivre une araignée ou une fourmi sans me lasser. Marcelle ne s’y intéressait que pour le coup de torchon ou de balai. Et puis, elle avait besoin de gagner un peu d’argent parce qu’elle habitait toujours chez la mère du petit Raymond, qui lui prenait toute sa paye pour ne lui rendre que 20 centimes chaque dimanche à titre d’argent de poche. Ces 20 centimes, elle les économisait soigneusement car elle avait l’intention de s’acheter une robe de mariée. Marcelle était tombée amoureuse.
Cela s’était passé sur la place des Carmes, un beau soir de septembre, où les nuits peuvent être encore si chaudes. Il y avait bal. Elle n’avait pas pris beaucoup de plaisir jusqu’ici dans sa vie. Mais enfin, c’était la paix. Il y avait des lumières et des lampions partout. Et la petite Marcelle, le poids plume, a tout de suite été invitée à danser par un garçon costaud. Il avait un très beau sourire, très franc et une couleur d’yeux qui lui faisait penser à la mer qui lui manquait tant. Il avait des mains très puissantes.



« Je m’appelle Roger Mathieu.
* Et votre nom de famille ?
* C’est mon nom de famille. Mathieu mais avec un seul “ t ”. »
Marcelle revit son grand livre de la mairie :
« J’ai vu un Mathieu en carte de pain. Il est tailleur de pierre.
* C’est mon père. »
Elle se sentit rassurée : malgré son air de baroudeur, ce garçon-là avait un papa avec pignon sur rue.
« Et il taille quel genre de pierres ?
* Pas précieuses, quoique... des pierres tombales. »
Marcelle fut émerveillée.
« Il fait des croix ?
* Oui. Des anges aussi, des vierges.
* Des vierges ! »
Marcelle se signa.
« Vous êtes très croyante ?
* Oui.
* Moi aussi.
* Et vous, qu’est-ce que vous faites?
* Je travaille avec papa depuis l’âge de douze ans. Enfin, je travaillais parce que, là, je reviens d’Allemagne. Une sale guerre. »
Marcelle remarqua qu’il s’ennuyait tout à coup. Elle fit sa voix la plus douce possible :
« Mais elle est finie maintenant.
* Oui, elle est finie, et j’espère pour toujours. Et vous, vous venez d’où, avec votre accent pointu ? »
Elle lui raconta Dunkerque, sa guerre à elle, les Anglais morts dans les ruisseaux, les torpilles sur les maisons, l’angoisse dans les caves voûtées dans l’espérance qu’elles tiennent, et puis le voyage fou sous les bombardements du débarquement, le
train bloqué en gare d’Amiens avec les bombardiers qui passaient en rase-mottes... Il lui demanda si elle se plaisait dans le Midi. Elle lui avoua que le mistral, au début, il l’empêchait souvent de dormir ! et qu’Avignon, ça lui paraissait bien petit à côté de Dunkerque !
« Au fait, vous ne m’avez pas dit encore comment on vous appelait?
* Marcelle-Sophie Poirier. Mais je vous préviens : toutes les plaisanteries sur les poires, on me les a déjà faites ! »
Il rit en pensant à part lui qu’elle ferait bien de changer de nom et que Marcelle Mathieu, par exemple, lui irait mieux.
Ils ne se quittèrent plus. Marcelle avait abandonné la mairie comme elle l’avait décidé. Elle travaillait dans une fabrique de cartonnage sur le chemin de Bonne-Aventure. Maintenant, elle n’en doutait pas : elle pouvait économiser pour se payer sa robe de mariée. Elle y tenait, elle dont les parents ne s’étaient jamais mariés... Elle regrettait que sa grand-mère, sa grande sœur ne puissent la voir que du ciel... mais enfin, elle avait trouvé un bran père qui faisait des choses admirables. Marcelle ne se lassait pas d’aller dans l’atelier près du cimetière. Là, le papet Mathieu entreposait ses pierres qu’il choisissait lui-même avec amour.
« C’est comme une femme, disait-il, on fait attention à la couleur du teint et au grain de peau ! »
Et tout le monde riait, car on était très gai dans la famille Mathieu. Roger avait une très belle voix de ténor.
« Je pourrais peut-être faire l’opéra ? » avait-il suggéré vers seize ans.
Ça avait fait bondir le papet. Chanteur, c’est pas un métier ! La pierre, oui, ça c’est solide! Le fait est que l’habileté des Mathieu se transmettait de père en fils depuis des générations. En remontant jusqu’au temps des papes d’Avignon, on les trouvait, les Mathieu, avec un autre talent et des matériaux plus tendres : ils étaient jardiniers.
Le mariage eut donc lieu en robe blanche. Ce n’était pas pour l’épate. C’était pour la tradition. Et, bien que du Nord, elle rejoignait la mamet du Midi. On ne se marie qu’une fois, et c’est pour la vie.
« La robe blanche, c’est aussi important que la robe de bure », pensait-elle.
Elle entrait dans le mariage comme en religion.
Je n’allais pas tarder à faire mon apparition au monde, le 22 juillet »….






Les années suivante ne furent pas faciles pour la famille Mathieu mais le malheur était divisé en deux cars la famille était et reste toujours très soudé.
La disparition subite de Roger sera un coup dur pour toute la famille mais qui avait redonna la force et le courage à Marcelle c`était son trésor le plus précieux : ses 14 enfants qui se réunissent tous pour l`anniversaire de maman et pour Noël.

Joyeux anniversaire, Marcelle, le staff des Amis de Mimi vous souhaite une longue vie, une bonne santé pour des années à venir et du soleil dans la vie en compagnie de votre famille !

Texte : Nadine. Relecture : J-P. 
Source : Livre "Oui je Crois" (Mathieu Mireille, Cartier Jacqueline). Robert Laffont. 




7 commentaires :

  1. Très heureux anniversaire, Marcelle ! De tout coeur, bisous ! Martine.

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  2. Merci pour ce beau partage de toutes ces belles photos de famille de Mireille Mathieu ! Je souhaite un joyeux anniversaire 12 décembre aujourd'hui à sa maman et toute mon admiration à Mireille Mathieu pour toute sa gentillesse.

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  3. Bien bel hommage pour l'anniversaire de Marcelle. Tous mes vœux à vous. A bientôt à 'Olympia en 2014.

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  4. Voilà un bien bel hommage rendu à Marcelle, pour son anniversaire ce jour. Du beau travail. Mais voilà vous êtes des pros. Et vous ne faites pas les choses à moitié, même si ça prend beaucoup de temps

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  5. Je découvre cet article avec émotion. Quelle belle et grande famille, une famille digne comme on n'en voit plus. Je souhaite, du fond du coeur, encore bien des joies à Marcelle-Sophie ! Respect à cette maman si généreuse et courageuse ! Cependant, je déplore que Mireille offre son immense talent aux pays d'Asie qui font tant souffrir les animaux. En Russie aussi. Si grâce à sa notoriété Mireille pouvait intercéder en leur faveur, elle gagnerait le coeur de millions de protecteurs animaliers qui luttent pour un monde moins violent, plus humain. Aimer les animaux ne veut pas dire ne pas aimer les humains, les enfants, les personnes âgées, bien au contraire. On a un coeur ou on n'en a pas. Une vie à chanter c'est bien, peu de personnes ont ce bonheur, mais consacrer une petite partie d'elle à penser aux plus faibles d'entre les faibles ferait de Mireille un être inoubliable. En pensée, je me permets d'embrasser sa maman. Amitié à ce blog - Nina :-)

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    1. Mireille a fait et fait énormément de choses, dans le cadre de bonnes actions. N'oublions pas son soutien à l'association de Lino Ventura dont elle a été la marraine, Elle a été deux fois, au Téléthon, une fois au restau du coeur etc ... et là je parle de ce que vous pouvez voir. Mais Mireille est discrète, là où certains artistes, usent à fond depuis des années la corde de la "charité business", en monopolisant chaque année les écrans et ce faisant ainsi leur petite promo. Mireille elle, agit discrètement. ET ça c'est avoir du cœur du vrai. Pas besoin de faire 20 fois les mêmes émissions TV de charité pour ça. Merci Mireille.

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  6. Merci pour votre réponse. Je ne doute pas du dévouement de Mireille dans les grands besoins des humains; je la remercie d'ailleurs chaleureusement. Pour moi, la charité n'a pas d'écho, c'est à dire lorsqu'on la donne nous devons l'offrir avec humilité. Ce que Mireille semble faire très bien. Le don de soi est précieux. Ce n'est pas de cette générosité là dont il est question plus haut, mais de l'aide qu'elle pourrait apporter aux animaux qui sont tant maltraités, torturés en Chine. D'ailleurs, je pense, je crois, que leur cause est aussi importante à défendre que celle des humains, puisque leur lamentable condition reflète ce que sont les hommes à travers eux, c'est à dire : Mauvais. Surtout dans les pays d'Asie. Et là c'est un travail de fond qu'il nous faut faire. Parce que si désirons moins de violence, moins de souffrance pour tous, animaux compris, les mentalités doivent changer. Voilà. Si Mireille pouvait aider un peu, c'est notre humanité entière qu'elle aiderait. Ce n'est pas peu de chose. Amitiés.

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